jeudi 12 décembre 2013

Une vidéo sans images

1-    Qu’est-ce que j’ai fait? J’ai évalué une vidéo sans images. Hé oui. Une stagiaire, après plusieurs essais, a réussi à m’envoyer sa vidéo en 2 parties, mais il n’y avait que du son. Au lieu de la faire recommencer, j’ai tenté de faire l’évaluation de sa performance, avec la planification sous les yeux. Mon objectif était d’être suffisamment attentif pour saisir le déroulement du cours et lui offrir une rétroaction pertinente.
2-    Qu’est-ce qui s’est passé? Comment les étudiants ont-ils réagi? Qu’est-ce qui a bien (ou moins bien) fonctionné? À mon grand étonnement, ça s’est bien passé. Je ne voyais que la tout première image de la vidéo (qui me donnait une idée de la classe, de l’environnement, ce qui n’est pas négligeable), et pourtant, je saisissais beaucoup de choses : je pouvais savoir si elle avait l’attention du groupe par le niveau de bruit (qui fut respectable en tout temps), je pouvais imaginer qu’elle circulait en classe quand je l’entendais faire une intervention individuelle près de la caméra... Pour la supervision à distance, je me croyais dépendant de l’image, mais finalement, je ne le suis pas tant que ça. Une des raisons pourquoi j’ai pu suivre le cours, c’est la qualité de la planification détaillée. Puisqu’elle était bien justifiée, j’étais un peu plus «dans la tête de la stagiaire». Mais je ne dis pas que l’image de la vidéo n’est pas importante. Évidemment, je n’ai pas pu voir son non-verbal, ni celui des élèves, je n’ai pas pu voir si elle utilisait des illustrations au tableau, ou s’il y avait un plan de leçon au tableau. Avec l’étudiante, il aurait été intéressant que je ne lui dise rien quant au problème technique, pour connaître son point de vue sur mes rétroactions, mais j’ai été franc. Sa première réaction fut la surprise et un certain découragement (pourquoi sa vidéo ne fonctionnait pas ?), mais les commentaires ont semblé la satisfaire : «Premièrement, merci pour tous ces beaux commentaires. J'oserais dire que tu as de l'œil et que tu as un excellent sens de l'observation (même si tu n'as rien vu de ma vidéo ahah). Rien ne t'échappe.»
3-    Quels éléments généraux ou théoriques peuvent me permettre de comprendre la situation? Quels principes/leçons est-ce que je peux dégager? Cette situation m’a fait penser à une étude qui stipulait que le superviseur peut prévoir la réussite ou non d’un stagiaire avant même de l’observer en classe, un peu comme si tout reposait sur sa perception de l’étudiant hors des murs de l’école et/ou de l’environnement. Je doute de ces conclusions (en fait, elles me font un peu peur). Dans ce cas-ci, j’avais une opinion favorable de la stagiaire, mais je crois que la rétroaction aurait pu aller dans toutes les directions. Par contre, l’importance d’une bonne planification, d’une bonne routine de classe, est appuyée par plusieurs écrits, et c’est ce qui se trouve au cœur de cette situation. J’écrivais un peu à la blague que je me sentais «dans la tête de l’étudiante», et c’est ce que devrait permettre une bonne planification détaillée. Est-ce que la planification détaillée joue un rôle plus important en supervision à distance ? Je crois que oui.
4-    Qu’est-ce que j’ai l’intention de faire? Quelles approches/méthodes sont possibles? Plus que jamais, je devrais insister sur la nécessité de proposer de bonnes planifications détaillées lors de mes prochaines supervisions à distance. Ma présence, par mes interventions, devient alors plus significative. Et celle-ci pourra même se manifester suite à un visionnement sans images !

1 commentaire:

Matthieu Petit a dit…

En supervision à distance, quel est l'apport de l'image de la vidéo? Une étude comparative serait fort intéressante à ce sujet...

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