1- Qu’est-ce
que j’ai fait? J’ai évalué une vidéo sans images. Hé oui. Une
stagiaire, après plusieurs essais, a réussi à m’envoyer sa vidéo en 2 parties,
mais il n’y avait que du son. Au lieu de la faire recommencer, j’ai tenté de
faire l’évaluation de sa performance, avec la planification sous les yeux. Mon
objectif était d’être suffisamment attentif pour saisir le déroulement du cours
et lui offrir une rétroaction pertinente.
2- Qu’est-ce
qui s’est passé? Comment les étudiants ont-ils réagi? Qu’est-ce qui a bien (ou
moins bien) fonctionné? À mon grand étonnement, ça
s’est bien passé. Je ne voyais que la tout première image de la vidéo (qui me
donnait une idée de la classe, de l’environnement, ce qui n’est pas négligeable),
et pourtant, je saisissais beaucoup de choses : je pouvais savoir si elle
avait l’attention du groupe par le niveau de bruit (qui fut respectable en tout
temps), je pouvais imaginer qu’elle circulait en classe quand je l’entendais
faire une intervention individuelle près de la caméra... Pour la supervision à
distance, je me croyais dépendant de l’image, mais finalement, je ne le suis
pas tant que ça. Une des raisons pourquoi j’ai pu suivre le cours, c’est la
qualité de la planification détaillée. Puisqu’elle était bien justifiée, j’étais
un peu plus «dans la tête de la stagiaire». Mais je ne dis pas que l’image de
la vidéo n’est pas importante. Évidemment, je n’ai pas pu voir son non-verbal,
ni celui des élèves, je n’ai pas pu voir si elle utilisait des illustrations au
tableau, ou s’il y avait un plan de leçon au tableau. Avec l’étudiante, il
aurait été intéressant que je ne lui dise rien quant au problème technique,
pour connaître son point de vue sur mes rétroactions, mais j’ai été franc. Sa
première réaction fut la surprise et un certain découragement (pourquoi sa
vidéo ne fonctionnait pas ?), mais les commentaires ont semblé la
satisfaire : «Premièrement, merci pour tous ces beaux
commentaires. J'oserais dire que tu as de l'œil et que tu as un excellent sens
de l'observation (même si tu n'as rien vu de ma vidéo ahah). Rien ne
t'échappe.»
3- Quels
éléments généraux ou théoriques peuvent me permettre de comprendre la
situation? Quels principes/leçons est-ce que je peux dégager? Cette situation m’a fait penser à une étude qui stipulait que le
superviseur peut prévoir la réussite ou non d’un stagiaire avant même de
l’observer en classe, un peu comme si tout reposait sur sa perception de
l’étudiant hors des murs de l’école et/ou de l’environnement. Je doute de ces
conclusions (en fait, elles me font un peu peur). Dans ce cas-ci, j’avais
une opinion favorable de la stagiaire, mais je crois que la rétroaction aurait
pu aller dans toutes les directions. Par contre, l’importance d’une bonne
planification, d’une bonne routine de classe, est appuyée par plusieurs écrits,
et c’est ce qui se trouve au cœur de cette situation. J’écrivais un peu à la
blague que je me sentais «dans la tête de l’étudiante», et c’est ce que devrait
permettre une bonne planification détaillée. Est-ce que la planification
détaillée joue un rôle plus important en supervision à distance ? Je crois
que oui.
4- Qu’est-ce
que j’ai l’intention de faire? Quelles approches/méthodes sont possibles? Plus que jamais, je devrais insister sur la nécessité de proposer de
bonnes planifications détaillées lors de mes prochaines supervisions à
distance. Ma présence, par mes interventions, devient alors plus significative.
Et celle-ci pourra même se manifester suite à un visionnement sans images !
1 commentaire:
En supervision à distance, quel est l'apport de l'image de la vidéo? Une étude comparative serait fort intéressante à ce sujet...
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