Sur
le forum du stage de mes étudiants, nous avons discuté de
l’importance de la complexité afin que les situations soient engageantes,
stimulantes. L’apprentissage à l’enseignement est aussi complexe, et par le
fait même, la supervision peut s’avérer un art en soi! Dans ce billet de blogue, je
vais établir certaines bases de ma conception de la supervision.
Généralement,
la supervision pédagogique désigne l’encadrement et l’accompagnement de
stagiaires en formation en enseignement. Comme superviseur, on repose notre
pratique sur nos expériences, notre savoir, nos valeurs… Les influences peuvent
être nombreuses. La supervision peut donc s’exercer de multiples façons. En ce
sens, on peut difficilement exiger que tous les superviseurs soient semblables,
comme il est impensable d’exiger aux enseignants de donner leur cours de la
même façon!
Kortagen
(2001) affirme qu’une bonne supervision combine la confrontation et la
sécurité. J’adhère à ça. Ça relève de la supervision de soutien (Zahorik,
1988). Il faut proposer un cadre, rappeler certains principes, théories, mais
il faut faire preuve d’ouverture, proposer des conditions favorables à la
réflexion.
Selon
l’approche réflexive (Zeichner et Liston, 1987, tiré de Pajak, 2000), le savoir
est émergent, négocié, centré autour de la recherche et la réflexion. Quant à la
relation d’autorité, elle est collaborative et orientée vers la recherche.
Andrew (2007) mentionne que les positions du superviseur ont une forte
influence sur l’expérience des stagiaires. Ainsi, pour avoir des enseignants
réflexifs, il faut des superviseurs réflexifs. Par ailleurs, au Québec, le
programme de formation initiale à l’enseignement a comme objectif de former des
praticiens réflexifs (MEQ, 2001).
Le
blogue est un bon outil pour guider une démarche réflexive. Pour Davis (2006),
la réflexion relève d’une analyse des connections et des relations entre ce qui
est su et ce qui expérimenté. Les fameux liens théorie-pratique! Une étude de
Harland et Wondra (2011) révèle que les étudiants en formation qui tiennent un
blogue démontrent un meilleur niveau de réflexion que ceux qui témoignent de
leur réflexivité par des travaux de fin de session. Si c’est bon pour les
étudiants, c’est sûrement bon pour les superviseurs… D’où l’idée de blogue (qui
commence à prendre forme)!
Dans
un prochain billet de blogue, je développerai un cadre théorique pour mes réflexions.
/
Références:
Andrew, L. (2007). A New University
Supervisor : Their Experiences and Enrichment. Essays in Education, 22,
p. 12-27
Davis, E.A. (2006). Characterezing
productive reflection among preservice elementary teachers: Seeing what
matters. Teaching and teacher Education,
22, p. 281-301.
Harland, D.J. et Wondra, J.D. (2011).
Preservice Teachers’ Reflection on Clinical Experiences: A Comparison of Blog
and Final Paper Assignments. Journal of
Digital Learning in teacher Education, 27(4),
p. 128-133.
Kortagen,
F. (2001). Linking practice and theory,
the pedagogy of realistic teacher education. Mahivah : Lawrence
Erlbaum Associates.
MEQ
(2001). La formation à l’enseignement.
Les orientations. Les compétences professionnelles. Prendre le virage du succès.
Québec : Gouvernement du Québec.
Pajak,
E. (2000) Approaches to clinical supervision : alternatives for improving
instruction (2e éd.) Norwood : Christopher-Gordon Publisher.
Zahorik,
J. (1988). The observing-conferencing role of university supervisors. Journal of Teacher Education, 39(2), p. 6-9.
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