J’ai été pas mal occupé au cours des derniers jours à
parcourir les planifications à moyen terme et planifications détaillées de mes
étudiants en stage hors-Québec. Je regarde ça dans le détail et je commente
abondamment. C’est long, mais très intéressant, surtout lorsque la
planification témoigne de la conception de l’apprentissage et de l’enseignement
du stagiaire.
Habituellement, dans un stage traditionnel au Québec, les
stagiaires doivent nous remettre ces documents bien avant le début du stage
intensif, mais puisqu’il s’agit d’un stage hors-Québec, et qu’ils sont
accueillis par des enseignants qui ne sont pas habitués à nos exigences, j’ai
ouvert la porte à un délai beaucoup plus court : ils devaient me remettre
leurs planifications juste avant le stage intensif. D’ailleurs, j’ai une
stagiaire qui ne m’a encore rien remis, puisqu’elle a retardé le jour 1 de son
stage intensif (j’ai également permis cette extension lorsque le contexte le
suggérait).
Le désavantage de (presque) tout recevoir à la dernière
minute : les stagiaires n’ont pas beaucoup de temps pour se réajuster. Par
contre, je commente de manière très ouverte, par des questions, des
suggestions. Parfois, je suis un peu plus catégorique, mais j’explique aux
stagiaires que ce sont eux qui ont le dernier mot. Ils n’ont pas à me
resoumettre le tout; le stage doit suivre son cours.
Par les commentaires, je veux les stimuler, les amener à
reconsidérer leur travail de planification. Et comme «superviseur-évaluateur»,
je leur rappelle qu’ils ont 12 compétences à travailler et que celles-ci
peuvent se manifester lors des planifications (une entrée en matière qui relève
de la C1, des transitions qui considèrent la C6, une conclusion qui implique la
C5…).
J’ai eu droit à des planifications exceptionnelles avec des
justifications qui allaient bien au-delà de mes attentes, et j’ai aussi eu des
planifications avec le strict minimum. Comme superviseur, lorsqu’une
planification ne donne pas assez d’informations sur le déroulement du cours, il
est très difficile pour moi de juger si la personne stagiaire est prête. Heureusement,
j’ai des stagiaires que je commence à bien connaître, et je sais qu’ils
prennent au sérieux leur préparation. Je ne suis donc pas trop inquiet.
Est-ce que mes commentaires et mes questions sur les
planifications sont reçus positivement? Est-ce que cela aura un impact positif sur
le démarrage du stage intensif de mes stagiaires?
Est-ce que j’en dis trop? Pas assez?
Est-ce que ma vision de la planification est trop étroite?
En supervision, il y a ce paradoxe entre le fait de vouloir laisser
l’étudiant découvrir sa propre façon de planifier, et un cadre de planification
soutenu par les écrits scientifiques. Suis-je capable d’établir un juste
équilibre? Je suis d’avis que les stagiaires doivent également rechercher cet
équilibre puisqu’ils sont en formation : créer des planifications à la fois utiles et réfléchies.
1 commentaire:
La planification prend une importance encore plus grande dans un contexte de supervision à distance. Par exemple, si l'étudiant n'y a pas indiqué ses intentions pédagogiques, le superviseur ne pourra pas le questionner après la période à ce sujet (à moins que la vidéo se fasse en synchrone).
Enregistrer un commentaire